Het ontstaan van het woord 'blog'

A l’origine du mot “blog”, un rondin de bois jeté à la mer

LE MONDE | 03.04.07 | 16h26 • Mis à jour le 04.04.07 | 13h04

‘étymologie d’un mot révèle parfois des détours inattendus sur le long chemin de ses usages à travers le temps.

“Blog”, cet anglicisme, ce quasi-inconnu au début du XXIe siècle, désigne aujourd’hui un phénomène de société à l’écho planétaire : la publication sur le réseau des réseaux de “carnets extimes”, l’inverse des carnets intimes.

Pour se convaincre de l’ampleur de cet univers couramment appelé “blogosphère”, il suffit d’une requête sur Google, le numéro un de la recherche sur Internet. Aux quatre lettres de “BLOG”, le moteur de Mountain View renvoie un résultat vertigineux : 1,2 milliard d’occurrences.

“Blog” a un de ces longs destins cahoteux, dont la tangente numérique date d’une dizaine d’années. A sa genèse, il ne s’agissait que d’une simple pièce de bois (“log” en anglais). Les premiers marins jetaient un rondin par-dessus bord, à la poupe de leur bateau. En comptant le temps écoulé pour qu’il s’éloigne, ils estimaient ainsi la vitesse du navire.

Plus tard, les navigateurs affinèrent le système en reliant à une corde des pièces de bois à espaces réguliers. Les “logs” jetés à la mer permettaient de mesurer plus précisément l’allure du bateau. Les données collectées étaient soigneusement consignées sur un carnet de bord, un journal de logs.

Le terme “log” s’écarte ainsi de son sens originel et commence sa seconde vie : il désigne dès lors les carnets de bord des capitaines aux longs cours.

Au début du XXe siècle, les hommes partent à la conquête du ciel, et “log” gagne les airs sous la forme des journaux de bord des pilotes de l’aviation.

Au milieu des années 1990, les nouveaux espaces à conquérir sont sur le réseau des réseaux : le Web. Les pionniers de la Toile (pour la plupart américains) y ouvrent des journaux personnels, à destination de la naissante communauté des internautes, des “web-logs”. De la contraction de ces deux termes naît le mot-valise “blog”.

Blog serait donc né outre-Atlantique. Une tache dans la langue française que la commission générale de terminologie et de néologie s’est efforcée, en vain, d’effacer.

Le 9 juin 2005, le ministère de l’éducation nationale publiait, sur son bulletin officiel, sa décision de remplacer “blog” par “bloc-notes”, voire “bloc” pour sa forme abrégée.

Une décision tardive : les blogs francophones se comptaient déjà par millions, notamment grâce au succès qu’ils remportent encore auprès des adolescents. Les Québécois ont, pour leur part, préféré franciser l’existant : blog est devenu “blogue”.

Reste que les déclinaisons de ce qui n’était qu’une bûche au début de l’histoire sont nombreuses. “Bloguer” est devenu un verbe et “blogueur” un nom commun. “Blouquin” désigne un livre décliné sur un blog ou inversement le contenu d’un blog déjà publié dans un livre. Un “mlog” est un blog adapté à des supports mobiles (téléphone mobile, PDA…), un “vlog” diffuse de la vidéo, un “flog” publie essentiellement des photographies.

Plus fantaisiste, Alain, blogueur amoureux des lettres, a sur ses pages “un garde-mots comme d’autres ont un garde-manger” : http://blog.legardemots.fr. Il y collecte et invente des néologismes et se voit “blogonaute, voyageur intrépide plongé dans la bloguespace”. La “bloguitude” n’est plus très loin. Eric Nunès Article paru dans l’édition du 04.04.07

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